Le tribunal de première instance de Casablanca a ordonné, vendredi, la remise en liberté provisoire du rappeur Mehdi El Youbi, alias Black Wind, tout en maintenant les poursuites engagées contre lui pour « outrage à une institution constitutionnelle ». L’affaire a été renvoyée à une date ultérieure afin de poursuivre son examen sur le fond.
Selon plusieurs sources médiatiques, l’artiste devrait quitter la détention dans les prochaines heures. Il comparaîtra désormais en état de liberté jusqu’à la reprise de son procès.
Cette décision intervient dans un contexte de forte mobilisation. Dès l’ouverture de l’audience, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant le tribunal pour afficher leur soutien au rappeur. Les manifestants brandissaient des portraits de l’artiste ainsi que des banderoles appelant à sa libération et à celle des personnes qu’ils considèrent comme des prisonniers d’opinion.
L’affaire a rapidement dépassé le cadre judiciaire pour susciter de nombreuses réactions au sein des milieux artistiques et des organisations de défense des droits humains, au Maroc comme à l’international. La semaine dernière, Amnesty International avait appelé les autorités marocaines à libérer Black Wind et à abandonner les poursuites engagées contre lui, estimant que celles-ci étaient liées à l’exercice de sa liberté d’expression.
Pour rappel, le 10 juillet, Mehdi El Youbi avait été empêché d’embarquer à l’aéroport de Rabat-Salé alors qu’il s’apprêtait à rejoindre la France. Il avait ensuite été convoqué par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) avant d’être placé en garde à vue le 13 juillet. Son dossier suit désormais son cours devant la justice, tandis que les soutiens de l’artiste continuent de réclamer l’abandon des poursuites.


